Importance du recensement des œuvres en libre diffusion

Dans le système du droit d'auteur a minima, c'est souvent à l'artiste (parfois au travers d'un intermédiaire) de trouver un diffuseur. Ces derniers triant les demandes plus qu'ils ne recherchent les artistes.

Ce mode de fonctionnement est intimement lié, d'une part, au petit nombre de diffuseurs dans ce système et, d'autre part, à l'exclusivité qu'ils demandent sur les œuvres et parfois même sur l'artiste.

Dans le système de la libre diffusion cependant, aucune exclusivité ne peut-être demandé et, surtout, le nombre des diffuseurs potentiels est quasiment illimité. Cela implique que trouver un diffuseur unique n'est pas adapté. L'audience de chaque diffuseur individuellement est en effet relativement faible contrairement à l'audience des diffuseurs dans le système «classique» qui sont moins nombreux. Par contre, la somme des audiences de plusieurs diffuseurs est nettement plus intéressante.

Ainsi, pour bénéficier d'une bonne visibilité, il faut nécessairement multiplier les diffuseurs. Ce qui rend le travail de démarchage plus difficile voire impossible. Mais cette impossibilité est contrebalancée par un comportement différents des diffuseurs dans le système «libre». En effet, ici, les diffuseurs cherchent la musique qui leurs plaît !

Cette recherche peut se faire via les autres diffuseurs (et c'est d'ailleurs ainsi qu'elle doit se faire pour une grande part) mais si les artistes déjà repérés par un réseau de diffuseurs vont être suivis au travers notamment de leur sites internet, les nouveaux arrivants ont très peu de chances, à moins d'avoir suffisamment de contact, d'entrer dans ce réseau.

De plus, tous les réseaux ne s'interconnectent pas forcément, aussi un artiste repéré dans un réseau ne le serra pas forcément dans un autre qui aurait put être intéressé.

D'où l'intérêt d'un recensement, un minimum centraliser, des artistes et des œuvres.

On ne peut pas chercher ce dont on ignore l'existence. Ce recensement permet, dans une certaine mesure, de repérer des nouveautés et de faire la connaissance de nouveaux artistes. Mais aussi de découvrir des artistes qui nous avait échappés jusque là.

De plus, cet outil permet aux diffuseurs qui ont ou mettent peu de moyens dans la diffusion d'apporter un travail tout de même constructif. Un quidam trouve un artiste qui lui plaît, il n'aura pas forcement les moyens (le temps ou l'envie principalement) de faire une revue complète à son sujet ni à celui de sa musique. Ici il peut se contenter de dire que tel artiste lui plaît pour tel ou tel raison, de proposer le téléchargement des œuvres et de lier l'outil de recensement en plus du site de l'artiste. Si l'outil de recensement est bien conçu, le visiteur pourra accéder ainsi aux revues réalisées par d'autres auditeurs et même découvrir d'autres diffuseurs qui lui conviennent !

De tels outil permettent donc de faciliter le travail de diffusion en le rendant plus accessible mais aussi de renforcer l'effet de réseau autour des diffuseurs au profit de tous : artistes, diffuseurs et auditeurs.

Quels fonctions doivent êtres disponibles via ces outil ?

Certaines fonctions doivent être présente afin que l'outil puisse jouer le rôle décrit précédemment.

D'abord, bien que cela puisse paraître évident, l'outil doit permettre d'accéder à la musique mise a disposition. Il devrait permettre l'écoute directe des morceaux et de préférence au travers de listes de lecture. Le téléchargement devrait être possible y compris le téléchargement en une traite de toute la liste.

L'outil devrait, mettre en avant les nouveautés. C'est l'un de ses rôles premiers et il serait parfaitement incohérent de laisser de côté une telle fonctionnalité.

Bien sûr, l'accès aux artistes déjà recensé devrait être aisé.

L'outil devrait permettre l'accès, pour chaque artiste/album, aux revues qui ont été faite à son sujet par les différents diffuseurs.

Il serait intéressant également qu'un tel outil de recensement permettre une aide à la découverte. Cependant, les moyens d'une tel aide restent à déterminer.

Actuellement, trois principaux moyens sont mis en œuvre sur les différentes plateformes :

  • la notation et le top 50 : je ne suis pas un adepte des notes, même dans un contexte scolaire. Le fait est que c'est une manie en informatique de vouloir tout chiffrer et que résumer son ressentit par un nombre me parait terriblement réducteur. Sans compter que reproduire les «charts» du système «traditionnel» me semble contradictoire avec le principe de la «longue traîne» qui semble pourtant couramment admis ;
  • les tags ou mots clefs : ils sont très à la mode en ce moment pour quelque contenu que ce soit. Je suis relativement séduit par ce système. Cependant, il est est relativement controversé car il pousse parfois à un relatif chaos. Il suffit pour s'en convaincre de regarder certains tags sur Jamendo, leur contenu étant parfois loin de ce à quoi on pourrait s'attendre ;
  • les sempiternels genres musicaux : je ne les apprécie que très moyennement, j'ai l'impression qu'ils ont tendance à enfermer les gens dans un style particulier. De plus, certains artistes sont extremement difficile à classer dans un genre en particulier, les artistes un peu trop eclectiques sont exclus du système de même que les auditeurs qui écoute plusieurs style de musiques différents. Certaines perles peuvent être manqués car classées dans un style que l'on a pas habitude de consulter. Bref, certain aime et même réclame un tel système de classement, je ne suis résolument pas de ceux là.

D'autres moyens peuvent être envisagés tels que, par exemple, les réseaux sociaux tel que mis en œuvre sur LastFM ou, dans une autre mesure, sur Jamendo.

Ajouté à cela la méthode aléatoire. Certainement la plus équitable mais absolument pas personnalisée. Mais la personnalisation est-elle une contrainte ? Un système informatique pourrait-il vraiment savoir ce qui peut nous plaire ? Ne risque-t-il pas alors ne nous faire passer à côté d'une perle ?

La mise en avant et la découverte de nouveaux diffuseurs me semble également important. L'aide à la découverte de ceux-ci pose cependant les même difficultés que celle à la découverte des artistes.

Une autre fonctionnalité confortable serait une API efficace et bien documentée qui permettrait, par exemple, le développement de plug-il pour les lecteurs multimédia permettant ainsi d'accéder aux autres morceaux d'un artiste lors de l'écoute ou à toute autres informations recensées par l'outil.

La réflexion reste ouverte, en particulier à propos des outils d'aide à la découverte, mais ces éléments, je l'espère, permettent une relativement bonne vision de l'outil de recensement tel que je le conçoit.