Visuel lonahDisponible à la vente depuis février, le second album de Lonah est disponible sous licence libre depuis le début du moi. Le groupe avait déjà sortit ''Pièces'' en 2005, un album de 12 titres aux sonorités rock, jazzy, trip-hop, electro... Le groupe était alors composé de Eric Debeir, à l'origine du projet, et de Raphaëlle Fortier, la voix du groupe, à l'origine de plusieurs textes.

Depuis, Lonah s'est étoffé et compte six membres : Raphaëlle Fortier, Eric Debeir, Fabrice Levillain, Pierre Fortier, Romain Piegay et Stephane Bachelier. Au fond du temps, leur nouvel album, reprend la recette du premier : 12 univers singuliers qui nous plongent dans les hallucinations de leurs auteurs.

 

La musique de Lonah a su tirer profits d'autres morceaux sous licence libre. Le titre Aurore du deuxième album reprend un titre éponyme de Binarymind tandis que The Urban Tales à été initialement réalisé pour le projet de film d'animation du même nom et est une reprise d'un morceau de Ehma. Mais Lonah a lui même été repris par d'autres artistes comme Saelynh ou Mankind concept.

Eric et Raphaëlle exposent en ce moment au Glaz'Art avec d'autres artistes dont Binarymind. Lonah sera en concert le jeudi 27 septembre, au Glaz'Art toujours, à 20h30 avec General Purpose et Exsonaldes. L'entré est à la modique somme de 8€.

Bien que débordé par cette actualité, Eric m'a accordé une interview qui a été menée par e-mail successifs. Une autres interview, de visu cette fois, a été menée par Lacrymosa.

  • Comment se passe la création d'un morceau chez Lonah ?

Ma foi... A la base, il y a des images confuses, des choses à exprimer ou des sentiments qui traînent dans le cerveau de Raphaëlle ou le mien. Un point de départ auquel nous avons envie de donner une chance. A côté de cela, nous avons des cultures d'harmonies et autres bruits de côté que nous surveillons avec plaisir. Nous commençons donc à piocher dans ces cultures des habits pour ce que nous voulons exprimer, un thème, des sons, etc.

Ensuite, il s'agit d'en faire une toile correcte, voir le tout qui pourrait aboutir, travailler un texte, réfléchir à quels angles on va mettre en valeur pour la « pièce » (désolé, mais je suis fan du mot pour exprimer cela :) ) qui commence à s'agiter. Souvent, aussi, on la jette en pâture aux musiciens du groupe pour qu'ils s'acharnent un peu dessus (quand ce n'est pas l'un d'eux qui a enfanté le thème, ce qui arrive souvent pour des morceaux comme Mornings ou With my mind).

Ensuite, six mois à petits bouillons, ratures, retravail, essais, etc, et il ne reste plus qu'à servir.

  • Que vous apporte la musique ? Qu'attendez-vous d'elle ?

Pour le coup, il s'agit réellement d'une recherche de sens. Toujours ce nom de « pièce » qui reste très important à mon goût, en ceci qu'il désigne une oeuvre avec son univers plein et entier. Elle nous apporte donc ce qu'il y a de plus important, le plaisir (pour ne pas trop jouer de "gros" mots) de donner une forme à nos fantasmes ou caprices.

  • Quel rôle joue le public dans votre musique ? Cherchez-vous à lui plaire ? Comment ?

Au risque de passer pour un sale con, absolument pas. En effet, je ne pense pas que l'on puisse décemment être crédible en faisant de la musique pour que celle ci « plaise ». Cela relève déjà d'une forme de prétention qui est celle de prétendre savoir ce qui sera ou pas du goût des gens. Hors, l'humanité étant fort heureusement composée d'individus aux goûts et plaisirs divers, cela revient souvent à niveler ce que l'on fait par le bas afin de « toucher le plus grand nombre », fantasme de producteur s'il en est.

Je reste persuadé de ce que le meilleur choix est de pousser son univers à fond et de présenter celui ci en toute honnêteté au public. A lui d'aimer ou pas, et ce sans la moindre rancune quand il s'agit de la seconde possibilité.

  • «Au fond du temps» votre deuxième album vient de paraître sur Jamendo sous licence libre. Pourquoi ce délais entre la sortie de l'album et sa publication sur les plateformes de musique libre ?

Le délai s'explique du fait qu'à la base, nous étions sous une structure de production avec qui nous avions passé ce marché, à savoir que nous attendrions un an avant de laisser l'album en CC sur le net, année pendant laquelle l'album était en vente sous forme numérique sur leur boutique en ligne. Sauf que suite à une longue agonie, nous avons finalement quitté cette structure et que, nous investissant dans ArtSilo avec BinaryMind et Luizo Vega, nous avons dès que possible mis le second album en download sous licence libre sur le net.

  • Je n'ai vu le dernier album que sur Jamendo. Est-il déjà présent sur d'autres plateformes ? Sera-t-il disponible sur Dogmazic par exemple ?

Dogmazic, avec plaisir, et c'est en cours. Les autres, je ne sais pas trop, je reste assez méfiant du fait que nombreux sont ceux qui ont juste flairé un « filon » dans la musique libre et cherchent à créer de mauvaises plate formes à la va-vite. Au cas par cas, donc :)

  • Comment es-tu arrivés au « libre » ?

Complètement par hasard, on a découvert Jamendo alors que l'on venait de mettre notre premier album en download sur notre site, et nous n'avions aucune prétention de "vendre" celui ci car nous étions assez déçus par la qualité du son et autres trucs. Du coup, on a fait ce choix assez vite et c'est après coup que nous avons découvert les enjeux propre à cette diffusion.

  • Quels sont tes projets à venir ? Nouveaux album ? Side projects ? Autres ?

Un EP avec Luizo Vega qui devrait sortir pour la fin novembre si Dieu le veut, un side project électro (dont le premier live a eu lieu à Glaz'Art le 5 septembre) qui devrait se concrétiser, plus le troisième album qui est bien sur les rails et dont nous jouerons deux trois morceaux le 27 :)

  • Quelle question aurais-tu rêvé que je te pose ?

La démonstration de la conjoncture de Riemann, c'aurait été marrant.

Merci beaucoup à Eric.